Les liens qui unissent : Comment nos réseaux interrompent nos relations

Vous vous souvenez peut-être qu’il y a quelque temps, j’ai écrit un poste sur l’interdépendance qui se sont concentrés sur deux perspectives différentes : l’interdépendance dyadique et l’interdépendance des réseaux. Depuis lors, un peu plus de travaux ont été réalisés qui combinent ces deux perspectives. Je pense qu’il est important de les décomposer car cela peut nous aider à mieux comprendre la façon dont nos amis et nos familles influencent la qualité et la durée de vie de nos relations.

Pour résumer mon dernier billet, l’interdépendance dyadique fonctionne ainsi :

les liens qui unissent

La personne A et la personne B ont leurs propres séquences de vie, et l’interdépendance est la mesure dans laquelle elles interrompent (c’est-à-dire facilitent ou interfèrent avec) les objectifs et les scénarios quotidiens de l’autre1. C’est très bien, mais il convient également de noter que la façon dont nous comprenons l’interdépendance en tant que couple pourrait s’étendre à la manière dont nous comprenons l’interdépendance en tant que réseau.

Plus précisément, et comme je l’ai décrit dans mon dernier article, l’interdépendance des réseaux ne fait que décrire les caractéristiques d’un réseau : sa taille, sa densité, sa facilité d’accès, son chevauchement et son regroupement2. Mais ces derniers temps, les chercheurs ont compris que nous pouvons en fait mesurer l’interdépendance dans les réseaux de la même manière que nous la mesurons dans les couples3. C’est une sorte de gros problème car l’interdépendance joue un rôle ÉNORME dans la façon dont les scientifiques étudient les relations. Les théories des relations décrivent même que les comportements d’interférence et de facilitation d’un partenaire sont étroitement liés aux réactions émotionnelles4. De cette façon, nous pouvons littéralement mesurer dans quelle mesure les séquences interchaînes qui se chevauchent d’un couple affectent leur relation.

Si nous considérons le réseau comme un groupe de personnes avec lesquelles nous sommes interdépendants, nous pouvons également mesurer l’influence qu’elles ont sur notre (nos) relation(s). Et ne le savez-vous pas, la mesure dans laquelle nous nous croyons interdépendants avec notre réseau social est liée à la qualité de nos relations5! L’interdépendance des réseaux et l’interdépendance dyadique, lorsqu’elles sont mesurées, sont très étroitement liées l’une à l’autre, de sorte que les niveaux d’interdépendance des réseaux à un moment donné affectent les niveaux d’interdépendance dyadique à un autre moment, et vice-versa. Le plus intéressant est que notre interdépendance de réseau influence nos émotions de la même manière que l’interdépendance dyadique, bien que ce ne soit pas tout à fait le cas.

Alors, pourquoi est-ce important ? Eh bien, le mythe courant est que nos relations se déroulent dans le vide. Notre vie amoureuse ne concerne pas notre réseau, et notre partenaire ne devrait pas nécessairement empiéter sur notre « temps entre amis ». Dans la pratique, nous savons que ce n’est pas le cas. Souvent, nous devons jongler entre les amitiés et les relations. Parfois, nos amis n’aiment pas notre partenaire, et parfois nos partenaires sont jaloux de nos amis. Ces perceptions sont significatives, car elles interfèrent avec nos activités quotidiennes et les facilitent. Si nous revenons à notre définition de l’interdépendance, nous devons admettre que nos partenaires ne sont pas les seules personnes avec lesquelles nous partageons ces relations d’interdépendance. Elles sont partout – certaines plus significatives que d’autres. Visuellement, nous ne sommes peut-être pas en présence d’une séquence d’interdépendance interchaînes, mais plutôt d’une hélice interchaînes :

hélice interchaîne

Ici, nous voyons encore la personne A et la personne B, mais aussi les personnes C, D, E et F. Remarquez comme certains de ces chemins sont plus épais que d’autres. En effet, il est probable que la séquence interchaîne d’un meilleur ami (personne C) interrompt la nôtre davantage que, par exemple, celle d’un cousin au second degré (personne E). Vous avez l’air malpropre ? Ça devrait ! Les relations sont compliquées. Il est important que nous comprenions qu’il n’y a pas que deux personnes dans une relation, et que nos actions s’accordent non seulement avec celles de notre partenaire, mais aussi avec tous ceux qui nous entourent en tant que couple. La prochaine question qui se pose aux chercheurs est de savoir quels types de membres du réseau sont les most des acteurs importants dans le développement de nos relations. J’ai une histoire pour celui-là, mais il faudra attendre un autre jour.

1Berscheid, E. (1983). Emotion. Dans H. H. Kelley, E. Berscheid, A. Christensen, J. Harvey, T. L. Huston, G. Levinger, E. McClintock, L. A. Peplau, D. R. Peterson (Eds.), Des relations étroites (pp. 110-168). San Francisco : Freeman

2Surra, C. A. (1988). L’influence du réseau interactif sur le développement des relations. Dans l’ouvrage de R. M. Milardo (Ed.), Familles et réseaux sociaux (p. 48-82). Newbury Park, CA : Sage.

3Stein, J. B. (2018). « The company you keep » : Développement d’un modèle de mesure de l’interdépendance des réseaux et des partenaires. Journal des méthodes et mesures de communication, 13(1), 19-25 doi : 10.1080/19312458.2018.1487546

4Solomon, D. H., Knobloch, L. K., Theiss, J. A. et McLaren, R. M. (2016). Théorie de la turbulence relationnelle : Expliquer la variation des expériences subjectives et de la communication au sein des relations amoureuses. Recherche sur la communication humaine. 32(4), 469-503.

5Stein, J. B., et Davidson, M. J. (2019). Exploration de la validité prédictive et théorique des interférences et de la facilitation des réseaux. Southern Communication Journal, 84(5). 314-327. doi : 10.1080/1041794X.2019.1641835

Dr. james stein auteurDr. James Stein – Articles | Site web/CV

Le principal domaine de recherche de James est l’étude de l’incertitude et de la façon dont elle influence les relations étroites. Quels sont donc les comportements qui nous rendent le plus incertains dans nos relations ? Et, plus important encore, comment ces incertitudes affectent-elles nos relations ? James étudie également en détail les amis qui ont des relations bénéfiques, et comment elles diffèrent ou se chevauchent avec les relations proches plus traditionnelles.

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